La cuisine, entre corvée et passion – Noisettes & Basilic

La cuisine, entre corvée et passion

« Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? »

« Un vrai plaisir quand c’est pour les autres mais une vraie corvée quand c’est juste pour soi. »

« Je déteste me préparer à manger quand je suis seule. »

« Il faut toujours se creuser la tête et des fois je n’ai pas d’idée. »

Pour écrire cet article j’ai écumé les forums de discussion qui parlait du plaisir de faire à manger. Une grande passion pour certains mais globalement, ça ressemble plus à la pire des corvées. Au delà des goûts de chacun, je me suis interrogée sur cette notion de corvée. Pourquoi préparer soit même ses repas peut être considéré comme une corvée ? Quand on pense à ce délicieux repas qu’on peut créer, ça ne devrait être que joie, non ?

2/3 des français déclarent qu’ils aiment cuisiner mais en réalité moins de la moitié le fait régulièrement. La cuisine semble être agréable quand on réalise un repas de fête mais au quotidien, plus rien. J’y vois plusieurs raisons et je vous détaille tout ça dans la suite de l’article.

Une passion pour certain, une corvée pour d'autre, la cuisine est obligatoire chaque jour

La passion

Comme je le disais en intro, pour certains la cuisine est une très grande passion. J’imagine ces personnes comme des artistes qui composent de belles œuvres. Dans mon cas, si je ne dirais pas que c’est une très grande passion (simplement parce que ce n’est pas ma seule voix d’expression artistique), j’aime fortement imaginer ce que je vais pouvoir réaliser avec mes beaux légumes, les transformer, les associer, les modeler, leur donner une nouvelle vie en quelque sorte.

La cuisine comme activité artistique a en ce moment ses heures de gloire grâce notamment aux émissions de télé qui s’enchainent sur le sujet. Mais voilà, je n’aime pas la télé alors je vais grincer un peu des dents… (ce sera le seul moment ronchon de l’article, je vous le promets 😅). De mon point de vue, ces émissions desservent complètement l’alimentation quotidienne. On fait des compétitions, des comparaisons, des jugements. On dit que la cuisine c’est THE truc à faire pour être trop cool et on créé deux types de comportement : une frustration de ne pas réussir à être au top niveau en permanence ou un abandon total de la chose.

La cuisine-passion est devenue une pression sociale énorme. J’ai l’impression que le message global est : « tu dois faire à manger, il faut que ce soit bien tous les jours, que ce soit beau, que ce soit sain (« healthy ») et si tu n’y arrives pas c’est que tu n’as aucune volonté au vu du nombre de livres et de blogs qu’il existe sur le sujet ». Alors c’est vrai que je suis la première à dire que bien manger c’est important (et ça l’est !) mais en parallèle il faut tenir compte de la vie de la personne. C’est pour cela que j’ai décidé de vous accompagner à planifier vos repas. Si la cuisine n’est pas votre passion, je vous apprends aussi à chercher pourquoi vous, vous avez envie de bien manger. Au delà de l’acte de cuisiner, il y a plein d’autres choses : c’est là qu’on va fouiller et c’est aussi là que ça devient intéressant.

Cuisiner pour créer une œuvre d’art n’est pas le but ultime. En vous faisant croire ça, la société vous met en tête que de toute façon vous ne ferez jamais aussi bien alors mieux vaut acheter un plat surgelé. Éteignez votre télé (débarrassez-vous en, vous ferez l’économie de la redevance en plus 😋) et ne suivez que les personnes qui, comme moi, vous rappelle que la cuisine ça peut aussi être une salade composée toute simple ou une bonne soupe réconfortante qui prend 15 minutes à préparer.

 

La corvée

La corvée, c’est ce truc chiant à faire mais qui doit être fait quand même, du genre passer le balai.

Sauf que le balai, justement, ne demande strictement aucune concentration ou imagination. Si vous n’aimez pas cuisiner, c’est que votre cerveau n’aime absolument pas faire ce fameux truc chiant qui en plus nécessite de désactiver le mode automatique. Il va vous trouver tout un tas de raisons pour ne pas le faire. C’est pour ça qu’avant qu’il ne soit 20h, c’est important d’avoir posé les choses et de savoir, ne serait-ce que dans les grandes lignes, ce qui va être préparé pour le repas et de s’être organisé un minimum.

C’est aussi la corvée parce qu’après avoir passé une journée de travail éreintante, on n’a pas toujours envie de passer encore 1h debout dans la cuisine à s’activer. Je peux le comprendre (ça m’arrive aussi), il faut alors avoir préparé en amont un moyen de contourner la flemmingite aiguë.

C’est la corvée parce qu’on ne sait pas faire et/ou qu’on a des croyances limitantes. Pour faire une analogie, quand j’étais adolescente je n’aimais pas du tout le sport. J’étais en surpoids, je croyais sincèrement que j’étais trop nulle et, par conséquent, que ça ne valait pas la peine d’en faire plus que le minimum demandé par les profs. J’ai changé d’avis quand j’ai compris que faire du sport me faisait du bien physiquement et mentalement et que je ne pouvais pas être nulle car scoop : à moins d’avoir un handicap majeur, toute personne peut courir, même si c’est lentement. En cuisine, c’est pareil. On ne peut pas être nul ! On a peut-être pas la meilleure des techniques, le meilleur des matériels, on va peut-être y passer un peu plus de temps qu’un chef étoilé mais qu’importe ? Et si vraiment c’est un frein, on peut faire des ateliers et apprendre deux-trois astuces pour nous rassurer.

Enfin, c’est la corvée parce que c’est du temps perdu, surtout lors de la vaisselle. Pour la définition du temps, je vous laisse avec cette vidéo de Tout le monde s’en fou.  Moi non plus je n’aime pas faire la vaisselle. D’ailleurs, parfois je m’arrange pour ne pas la faire. Faites un compromis avec les personnes qui vivent avec vous (ça s’appelle le partage des tâches). Pour ceux qui n’ont pas le choix, demandez-vous si vous aimez nettoyer votre douche. Non ? Pourtant, vous vous lavez quand même (hein ? 🤔).

 

Cuisiner pour soi

Si la cuisine est un plaisir quand c’est pour les autres, ça ne l’est plus quand c’est pour soi. Pourquoi ? La cuisine c’est aussi un moyen de prendre soin de soi.

Soyons un peu égoïste (ce n’est pas toujours ce vilain défaut qu’on a bien voulu nous faire croire). Chouchoutons-nous, mitonnons-nous des petits plats juste pour nous. Dégustons ces douces saveurs pleinement. Et si par malheur vous vous préparez un « truc vite fait », demandez-vous si vous serviriez ça à votre meilleur(e) ami(e). Non ? Alors pourquoi est-ce que vous vous le servez ?

 

J’aimerais vous transmettre ce déclic que j’ai eu avec le sport. Si aujourd’hui vous n’aimez pas cuisiner, j’espère que vous réussirez à voir cela comme un moment de loisir quotidien. Ce que j’aime dans la cuisine, c’est que c’est une activité nécessaire qui nous permet de revenir dans notre monde réel. Il faut se servir de ses 5 sens. Gardez en tête que cuisinez soi-même est une des voix pour ralentir et se faire du bien ce qui, il me semble, est grandement nécessaire de nos jours. Alors, la cuisine pour vous : plaisir ou corvée ?

La cuisine, entre corvée et passion

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