Manger local : paroles de maraîchers – Noisettes & Basilic

Manger local : paroles de maraîchers

Après vous avoir donné quelques raisons de manger des légumes bio il y a quelques semaines, je vous propose de voir pourquoi il est intéressant de manger local. Qui de mieux placés que des acteurs locaux pour vous en parler ? Je suis allée interviewer des maraîchers de l’orléanais pour découvrir leur vision d’une alimentation locale.

Un peu de contexte

Il y a quelques années, je me suis mise à une alimentation plus locale. A l’époque j’étais tourangelle et j’allais à la Charrette. J’aimais ce magasin d’amour et c’était le début de la joie de faire mes courses ! C’est dans ce magasin que j’ai découvert que les kiwis poussent aussi en France ! Et puis un jour il a fallu quitter Tours.

Vous n’imaginez même pas comment mon cœur s’est brisé en petites miettes la dernière fois que j’ai fait mes courses là-bas. Heureusement, le mouvement locavore avait déjà pris de l’ampleur. J’ai découvert avec bonheur d’autres producteurs locaux facilement accessibles, à Arras puis à Orléans.

Parlons donc du mouvement locavore. Une personne locavore ne consomme que des aliments produits à moins de 160 kilomètres de chez elle, à quelques exceptions près pour les épices par exemple. Pourquoi 160 kilomètres ? Le mouvement est né aux Etats Unis, à San Francisco précisément, en 2005. Cela correspond à 100 miles là-bas, un chiffre rond pour eux.

Personnellement, je ne suis pas locavore. L’hiver j’achète des oranges et des avocats qui viennent d’Espagne. Mon riz vient de Camargue. Vous m’accorderez qu’on ne peut pas vraiment dire que la Beauce est la meilleure orangerais ou rizière du monde !

Toutefois, je fais en sorte de toujours acheter au plus près. Pas question d’avoir des avocats du Pérou en plein été. Tous les légumes « classiques » (carottes, tomates, courges, etc.) ont poussé au maximum à 20km à vol d’oiseau de mon assiette.

J’aurais pu vous parler de ma vision des choses, de pourquoi c’est important de manger local, de faire des recherches pour avoir des chiffres à l’appui. Mais cette fois-ci, j’ai trouvé beaucoup plus sympathique d’aller rencontrer ceux grâce à qui je mange local (et bio !) au quotidien, leur poser des questions sur leur métier, bref, créer du lien humain. Vous trouverez leurs réponses en italique pour les différencier de mes propres réflexions.

 

Manger local, ça veut dire quoi pour vous ?

Les réponses sont unanimes : manger local, c’est aller directement chez les producteurs, le plus près possible de chez soi (sur sa commune ou les communes voisines). Dans le Loiret, et même sur l’orléanais, nous sommes plutôt bien fournis en maraîchages, même en bio. Il n’y a pas vraiment de barrière à acheter local ici. En dehors des légumes, on peut avoir un peu de mal et on peut pousser à 150km environ.

Pour vous donner un ordre d’idée, en faisant 150 km on dépasse Tours, Bourges, Auxerre et le Mans et on arrive à Châteauroux, au nord de Paris et à Évreux. Un beau rayon pour se fournir quand même !

Alors évidemment, ce n’est pas vous qui faite ce déplacement toutes les semaines. Renseignez-vous auprès de vos commerçants habituels et/ou lisez les étiquettes pour savoir d’où viennent vos produits.

 

Bio ou local ?

Tous les producteurs que j’ai interviewés sont en agriculture biologique. Je savais que leur demander de choisir entre du bio et du local serait un vrai dilemme, mais je trouvais intéressant d’avoir leur point de vue. Je suis parfois moi aussi confrontée à cette question, et souvent le bio l’emporte, pourvu qu’on reste sur un produit français quand c’est techniquement possible.

Le cœur des maraîchers balance. Certains m’ont dit préférer du local, d’autres du bio mais uniquement si c’est français, voire choisir au cas par cas selon le lien avec le maraîcher. Mais tous sont d’accord, ils préfèreraient du bio et du local !

Dans tous les cas, il faut faire attention à « l’effet de mode ». La lumière faite sur le local est une très bonne chose mais il y a un amalgame entre le bio, le local et la santé. Ce n’est pas parce qu’un produit est local qu’il est bon. Dans le Loiret, il y a de grands producteurs de concombres… hors sol, dans des serres chauffées et qui commencent à être récoltés en février !

 A vous, en tant que consommateur, de réfléchir à ce que vous considérez comme important.

 

Quels sont les avantages à manger local pour le consommateur ?

Je pensais que la réponse numéro 1 serait centrée sur les produits ou la satisfaction du consommateur vis-à-vis des produits. Et non !

L’avantage principal, c’est de participer à l’économie locale, relocaliser l’économie sur son territoire et par conséquent s’ancrer dans ce territoire. Et puis on évite la spéculation comme on peut en voir sur le café par exemple.

Finalement, ce n’est pas étonnant. Nous sommes tellement mobiles, tellement hyper-connectés, que remettre les pieds sur terre, à l’endroit où on vit, permet de se sentir chez soi. Derrière l’économie, j’ai senti le lien humain cher à mon cœur, que ce soit pour le consommateur ou le producteur.

Un autre avantage, c’est de savoir d’où vient la nourriture, qui l’a produite, de s’assurer de la traçabilité aussi. C’est une histoire de confiance. Le producteur qui vend en direct a envie que son produit soit bon, il a envie de le valoriser. Les produits sont plus frais, donc plus qualitatif. En plus, souvent, le consommateur est gagnant sur le rapport qualité/prix du produit.

 Enfin, on participe à la diminution des émissions de carbone. Attention, point à nuancer toutefois. De ce seul point de vue, Il vaut parfois mieux un seul et unique camion bien rempli qui réalise 200 ou 300 km plutôt que 4 ou 5 camionnettes à moitié vides qui réalisent 100 km chacune.

 

Être maraîcher, c’est aussi être pédagogue

Être maraîcher en circuit court ne consiste pas seulement à planter des légumes, les faire pousser, les récolter et les vendre. C’est aussi créer du lien humain avec sa clientèle. Et parfois, la clientèle, elle est un peu perdue dans les saisons, les légumes moches et la préparation des légumes.

A travers la cueillette, on peut expliquer que les herbes ne sont pas forcément des ennemies, on peut parler de l’écosystème, faire redécouvrir comment pousse les légumes. On est content de partager notre passion, de répondre aux questions sur notre métier mais aussi parfois sur le jardinage ou la cuisine.

Nous avons un message à faire passer, il faut expliquer les contraintes, les aléas qu’on rencontre, pourquoi les légumes ne sont pas forcément bien calibrés. Et surtout, on transmet les saisons des légumes. Les tomates, début juin, elles sont encore vertes. Ce n’est pas qu’elles sont en retard. Chez nous c’est totalement normal, même si cette année la météo ne nous aide pas.

 

Comment débuter la consommation locale ?

Ces réponses vous ont donné envie de manger local ? Alors concrètement, que pouvez-vous faire ?

Allez à la rencontre des producteurs proches de chez vous, en vente direct ou au marché. Nous sommes le plus souvent heureux de répondre à vos questions, de vous expliquer nos pratiques. Soyez compréhensif toutefois, s’il y a du monde ce n’est pas forcément évident de discuter pour nous et puis nous sommes des êtres humains avec nos mauvais jours aussi.

Pour savoir qui sont les acteurs locaux, vous pouvez consulter le guide des producteurs de l’orléanais (ou de votre ville/département).

Allez-y progressivement, n’essayez pas de tout changer d’un coup, il faut du temps pour mettre en place de nouvelles habitudes. Commencez par les produits qui vous semblent les plus importants et/ou les plus accessibles, comme les légumes par exemple.

Essayez d’aller vers le bio si cela est important pour vous, rappelez-vous que « local » seul ne signifie pas « bon produit ».

 

Conclusion

Manger local est un premier pas. J’ai ensuite vu des répercussions sur toute ma vie. Difficile pour moi aujourd’hui de me résoudre à acheter un paillasson fabriqué en Asie. Résultat : je n’ai toujours pas de paillasson devant ma porte, depuis octobre que j’ai emménagé dans ma maison ! Idem pour les chaussettes, les cahiers, l’électroménager, etc.

 

Merci à vous, maraîchers qui avez bien voulu répondre à mes questions ! Ce fût un réel plaisir d’échanger avec vous.

Retrouvez-les ici :

  • Le Champ Renard, Jérôme MINEC-DUBE
    555 Route de Saint-Jean de Braye, 45400 Semoy
    Ouvert le vendredi de 16h à 19h
  • Au jardin du Bonheur, Julien RICCI
    74 rue de la Godde, 45800 Saint Jean de Braye
    Ouvert le lundi de 16h30 à 19h, le mercredi et vendredi de 9h à 12h et de 14h à 19h, et le samedi de 9h à 12h et de 14h à 17h30.
  • La ferme des Perrières, Éric DURIEZ
    165 rue des Perrières, 45160 St Hilaire St Mesmin
    Ouvert le mercredi de 15h à 19h, le jeudi de 17h à 19h et le vendredi de 14h30 à 19h30 et présent le samedi matin sur le marché du quai du Roi à Orléans
  • Le Potager d’Antan, Benjamin TROUSSLARD
    28 avenue Nationale, 45430 Chécy
    Ouvert le jeudi de 17h à 19h30 et présent sur le marché de Chécy le samedi matin.

 

C’est avec une grande émotion que je vous annonce que c’est mon dernier article en tant que « couvée » de la couveuse d’entreprise PES 45. Merci à eux de m’avoir soutenu pendant ces 12 mois. Je saute bientôt dans le grand bain !
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Sources utilisées :

Alimentation locale de Consoglobe

 

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Manger local : paroles de maraîchers

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