Ma transition alimentaire – Noisettes & Basilic

Ma transition alimentaire

Après t’avoir parlé du temps qu’il faut pour changer ses habitudes le mois dernier, j’ai envie de t’expliquer ma transition alimentaire en détails. Quel chemin j’ai suivi. Ce n’est pas du tout un guide qu’il faut que tu suives pas à pas. C’est plutôt un partage d’expérience pour te montrer que même avec peu de ressources (ce qui était mon cas dans ma vie étudiante), il est tout à faire possible d’adopter une alimentation « écologique ».

 

Pas le temps de lire ? Écoute le podcast !

le chemin vers la transition alimentaire

Je mets écologique entre guillemets, car il ne s’agit pas seulement d’écologie dans le sens « environnement ». Pour moi, une alimentation écologique respecte certes l’environnement, mais aussi ton corps et tes valeurs. Elle fait du bien à la Terre, elle fait du bien à ton corps. Nous reviendrons prochainement sur ce lien entre la Terre, l’alimentation et le corps. J’ai hâte de t’en dire plus mais, pour le moment, laisse-moi te raconter comment j’ai changé ma vision des choses petit à petit.

 

Avant, j’étais une consommatrice pure et dure

Il faut m’imaginer, du haut de mes 18 ans ½, le bac en poche, m’installant à Tours pour aller faire des études de médecine. Bref, un bébé quoi. Comme beaucoup de gens de mon âge, j’ai suivi le modèle qui avait toujours été le mien : faire mes courses au supermarché, en essayant de payer le moins cher possible, mais sans acheter de la sous-sous-marque non plus.

À l’époque, je ne jurais que par Auchan. J’avais mes yaourts et mes craquottes préféré(e)s, que je n’aurais échangé pour rien au monde.  Je consommais beaucoup de produits emballés : du pain de mie, des carottes râpées toutes prêtes, de la salade déjà lavée. Avec cette consommation d’emballages, suivait bien évidemment la production de déchets et cela ne me posait strictement aucun problème.

C’est aussi la période où j’ai fait la réelle connaissance du Nutella. Un bonheur au goûter, LA période de pause idéale : j’étais en médecine, fallait au moins ça pour décompresser. Et puis c’était, grâce à un marketing bien ficelé, un statut social « d’étudiante-fauchée-mais-pas-trop » à lui tout seul.

Jusqu’au jour où…

 

Je veux être 100 % autonome

« Papa, Maman, j’ai un Chéri, et c’est peut-être les vacances, mais je vais rester à Tours cet été pour travailler et gagner mon propre argent ». Ça, c’était en 2012.

Le premier mois sans le restaurant universitaire m’a fait comprendre à quel point la viande ou le poisson coûte cher. Si j’achetais de la viande pour tous les midis de la semaine, j’y passais mon budget course. C’était juste impossible.

J’ai commencé à regarder d’un autre œil le régime végétarien. Cuisiner sans viande, c’est possible, et c’est même rigolo.

Au passage, c’est aussi la période où j’ai testé mes premiers menus de repas, en faisant les pires erreurs à ne pas faire. Ça n’a pas duré longtemps d’ailleurs. Je t’en reparlerai si tu veux.

J’ai commencé à me poser des questions sur mon alimentation. J’ai découvert, par hasard, un magasin de producteur et l’idée m’a beaucoup séduite.

En deux années, de 2012 à 2014, j’ai beaucoup changé ma manière de voir mon alimentation. J’ai souhaité soutenir les filières locales, les petits commerces et j’ai découvert la Biocoop, même si j’ai encore à ce moment-là d’énormes a priori sur les tarifs.

Lors d’un festival, j’ai aussi visionné le film « Love Meet Ender », qui a porté un sacré coup à ma consommation de viande industrielle. Très rapidement, j’ai arrêté d’en acheter pour privilégier la viande à la coupe du magasin de producteurs.

Faire le choix de l’autonomie a été pour moi une porte ouverte sur un nouveau monde de pensées. J’ai beaucoup de gratitude envers la vie de m’avoir permis cela.

 

Arras et son grand (très grand) marché

En arrivant à Arras en 2014, il a fallu réinventer tous mes repères de petits producteurs. Par chance, tous les samedis matin, il y avait un immense marché au cœur du centre-ville (j’imagine que c’est toujours le cas). J’étais à 15-20 minutes à pied, j’ai très rapidement pris l’habitude d’y aller. Les légumes 100 % locaux, les yaourts, le VRAI fromage. J’y trouvais tous les produits frais dont j’avais besoin.

Le magasin Bio C Bon a également ouvert pas loin de chez moi trois ou quatre mois après mon arrivée. J’ai commencé par faire quelques achats là-bas puis toutes mes courses par flemme de faire trente-six magasins. Entre temps, j’avais dit adieu à Auchan, introuvable dans le nord de la France, pour me rendre compte que, finalement, ils font les mêmes produits que les autres : produits industriels de qualité moyenne voir médiocre pour la plupart.

J’ai également commencé à faire attention à mes déchets et j’ai découvert le rayon vrac dans le magasin bio.

 

Une vie « adulte » alignée sur mes valeurs

En 2016, je suis rentrée à Orléans, changée. Depuis, je suis beaucoup plus alignée avec mes valeurs pour me nourrir. Je ne vais plus du tout au supermarché, sauf si vraiment, je n’ai pas le choix (ex : pour une ampoule).

Je fais 100% de mes courses dans les magasins bio, sur les marchés et en direct-producteurs. Le vrac se démocratise de plus en plus et je fais un gros effort pour changer mes habitudes de consommation. Les déchets et moi, on n’est vraiment plus trop copains, avec tout ce qu’on peut trouver sur les bords de Loire.

 

Prise de conscience écologique

Durant tout ce cheminement, je me suis rendu compte que j’ai un lien particulier avec la Terre.

Toutefois, ce n’est que très récemment que j’ai compris le lien de la Vie : les animaux (dont nous, humains), les arbres, les petits brins d’herbe : nous sommes tous dans le même bateau. Je te conseille de regarder le film Avatar pour t’en rendre compte. Concentre-toi sur le message de fond du film, en occultant le côté « super production à l’américaine ». La connexion des Na’vis avec leur Terre est magnifique, je pleure à chaque fois. Ce qui arrive à leur planète est exactement ce qui se passe sur la nôtre.

 

Il m’a fallu quatre années complètes (de 2012 à 2016) pour changer mes habitudes en profondeur et avoir un mode de vie complètement différent de la pré-adulte qui est partie faire ses études. Comme je te le disais en intro, ce n’est toujours pas fini aujourd’hui, en 2019. Ce ne sera jamais fini. Je pourrai toujours faire mieux.

La différence, c’est qu’aujourd’hui, je sais prendre mon temps, je sais que je ne peux pas tout révolutionner. Je sais que je suis à cette étape aujourd’hui, que je serai plus loin demain, que ça va prendre du temps pour cheminer. Tout ça, je ne le savais pas en 2012. Je voulais juste changer. Je voulais juste être mieux. Vite. J’avais cette angoisse de la surconsommation, je me sentais nulle de ne pas réussir à faire tout ce que les autres faisaient déjà.

Je sais qu’il y a des chances pour que, toi aussi, tu sois cette personne-là qui a conscience de l’urgence d’agir. Je sais que tu te mets une pression de malade sur les épaules. La perfection n’existe pas, je suis moi-même loin d’être un modèle. Je suis juste avant toi sur le chemin, je suis là pour te tendre la main et t’accompagner le plus sereinement possible.

J’ai connu les galères de la mise en place d’une nouvelle organisation, notamment quand tu déménages et que tu perds les repères (encore tout frais !) de ton ancien chez toi.

Ou les galères quand tu te rends compte qu’un produit que tu consommes quotidiennement n’est pas bon, ni pour toi ni pour la planète. Tu ne veux plus l’utiliser, mais son équivalent « écologique » coûte quatre fois plus cher. Encore une fois, il faut recréer toutes ses habitudes.

Ce n’est pas impossible, loin de là. J’espère que ce partage d’expérience t’encourage à te lancer ou à continuer tes efforts. Avec de la patience et surtout de la bienveillance avec toi-même, tu peux aller où tu veux sur la voie de l’alimentation de qualité. Et bien plus loin, tu verras.

 

Écoute cet article si tu n’as pas le temps de le lire :

 

Image de Smeelypumpy sur Pixabay

~ Pour recevoir des conseils supplémentaires, inscris-toi à la newsletter (2 mail(s) par mois) ~

En cliquant sur "Je m'inscris", tu affirmes avoir pris connaissance des mentions légales.

Ma transition alimentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.